Très belle chronique de "
Hela" par
Leene sur
Runk:
"Hela des Despondents
mercredi 22 août 2007 par Leene
Derrière ce nom étrange se cache un duo toulousain plein de talent que l'on devrait voir éclore au grand jour prochainement. Apparu en 1994, ils ont sortis 2 albums, 1 maxi, fait pas mal de concerts, partagés des affiches incroyables avec Dolly ou Sloy avant de se mettre en pause en 2000. En 2006, Sandrine et Niko décide de refaire vivre le groupe et reviennent, en duo avec Hela, leur 3ème opus.
Hela, drôle de nom pour un album me direz-vous, mais cela parait beaucoup moins étrange quand on sait qu'Hela est à la fois le nom donné à certaines cellules immortelles et celui d'une déesse. Pas étonnant non plus que l'album soit aussi pur, féerique et atmosphérique.
Leur musique, instinctive, nous transporte dans un autre monde ; un monde rempli de douceur, un monde où les guitares savent se faire électriques ou acoustiques, planantes et mélodiques. Un monde où de sa voix si singulière, à la fois tendre et nerveuse, fragile et envoûtante, Sandrine, telle une araignée, tisse une toile de coton autour de nous et on se laisse prendre au piège de cette musique hypnotisante.
L'album débute par deux titres rock « Dénouer nos liens » et « Les gestes tendres », deux morceaux parsemés de bruitages électros où plane l'ombre d'un violon mélancolique et discret sur l'un et où les guitares se font cinglantes sur l'autre. On rentre immédiatement dans le vif du sujet. D'autres morceaux taillés dans le même rock suivront.
Que ce soit « A genoux », cocktail savoureux de rock à l'état brut et de sons électros, « Mets tes mains sur ma bouche » où la voix est arrangée et recouverte de c½urs hypnotisants sur fond de guitares hargneuses ou encore « Au creux de tes mains » qui après un démarrage cinglant des guitares, nous laisse entendre un troublant et charmant décalage entre les rythmes des guitares et de la voix sur le couplet.
Mais le groupe est aussi capable de morceaux plus calmes ; osant des rythmes langoureux sur « Seul au monde » avec une voix qui se fait tendre et sensuelle ou des rythmes plus apaisés avec « Automne » où le charme mélancolique d'un violon vient se poser derrière une voix devenue suave et triste.
Il ose aussi se mettre à nu sur fond de guitares acoustiques que ce soit avec « Petit ange », tendre berceuse remplie d'amour ou avec « Une nuit », morceau minimaliste où chaque instrument est mis en valeur par les autres et où la voix, soufflant ses influences de PJ Harvey, se fait vaporeuse et chuchotante.
Avec « A nu », l'univers devient dérangeant, les guitares grinçantes recouvrant la voix devenue trouble et inquiétante. L'album se termine par un morceau expérimental, avec un gros son de batterie, un violon rageur faisant écho à des sons électros strident et un chant découpé, le tout se terminant avec humour par un « C'était beau » d'enfant.
Avec Hela, Despondents nous offre un album haut en couleur et en sensations. Un album savoureux où chaque arrangement est savamment travaillé, où les mélodies sont à la fois captivantes et innovantes.
Un album dans lequel Sandrine nous peint à sa manière un univers intimiste où les textes sont à la fois amoureux et personnels, passionnés et féminins et où la voix est empreinte de nuances, de sensualité et d'émotions.
Bref, un album à écouter de toute urgence si vous aimez être remué de l'intérieur."
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